Martin Harvey a littéralement grandi dans les restaurants. Dès l’âge de 8 ans, il donne régulièrement un coup de main au restaurant McDonald’s de son père, premier franchisé de cette chaîne à Rimouski. À 15 ans, il occupe tous les postes de la brasserie Le Bavarois à Québec, achetée par son père après avoir vendu le McDo. Puis, en 1992, alors qu’il est au début de la vingtaine, il se joint à son frère Alain, qui avait acquis en 1986 la toute première franchise de la nouvelle chaîne de restaurants Pacini, à Trois-Rivières.

Après avoir été formé en cuisine, au service, et en gestion, il devient l’adjoint de son frère pendant un an. Mais en 1996, Alain veut passer à autre chose. Il offre alors à Martin de prendre la relève. Celui-ci croit fortement au concept et accepte. « J’ai dit oui et je me suis donné un mandat de 5 ans. » D’entrée de jeu, il décide d’agrandir le restaurant de 1000 pi2. Le restaurant rénové connaît immédiatement du succès.

Au bout de 5 ans, il prend un temps d’arrêt pour réévaluer son engagement.

« Moi, j’ai besoin de m’arrêter chaque 5 ans pour prendre du recul. Est-ce que j’ai encore la passion ? Est-ce que je peux continuer à être heureux à faire ce que je fais ?  C’est un métier très exigeant et on peut avoir l’impression au quotidien que l’herbe est plus verte ailleurs. Mais chaque fois que je fais la liste des pour et des contre, je réalise que j’aime encore beaucoup mon travail. Ça me permet de me recentrer, et de continuer pour un autre 5 ans, en étant toujours plus heureux et plus motivé. »

De 5 ans en 5 ans, l’aventure se poursuit au fil des défis et des objectifs qui le stimulent. En 2016, Martin fête son 20e anniversaire à titre de franchisé, et le 30e du restaurant. « L’an dernier, on a encore agrandi le restaurant de 1000 pi2. On a ajouté une terrasse, un salon privé et un bar, et c’est devenu encore plus intéressant à opérer. C’est sans aucun doute le plus beau restaurant dans lequel j’ai travaillé, mais je n’ai jamais travaillé autant!»

Son « nouveau » restaurant connaît un succès phénoménal. L’augmentation de l’achalandage et la croissance des revenus sont spectaculaires et constantes.

« La dernière année a été difficile. Je peux compter sur les doigts d’une main les journées de congé que j’ai prises. » Heureusement pour lui que sa conjointe, son fils et sa fille font partie de l’histoire. Toute la famille travaille beaucoup, mais ensemble.

Il explique leur réussite par l’emplacement, la qualité du produit, la force de la chaîne, le service, et par-dessus tout, la rigueur. « Je répète toujours à mes adjoints que nous devons constamment faire preuve de rigueur. C’est la rigueur qui fait notre succès. La rigueur en tout temps… et le travail! »

En 30 ans, le volume d’affaires du restaurant n’a jamais diminué. Même dans les années plus difficiles, ses ventes ont été en légère hausse, ou au pire, ont stagné temporairement. Martin est fier de cet accomplissement exceptionnel, ainsi que de la fidélité de ses employés. « Plusieurs employés sont avec nous depuis le début, et la moitié des employés sont ici depuis 10 ans. Ça veut dire qu’on les traite bien! »

À son avis, le plus gros défi actuellement pour des franchisés est la gestion des ressources humaines. Le besoin de reconnaissance des jeunes travailleurs est plus important que jamais auparavant, et la recherche d’un emploi qui ne soit pas trop exigeant est aussi une tendance significative. « Notre défi, c’est d’arriver à créer un cadre de travail agréable pour eux, malgré les exigences de la restauration. » Dans cette optique, Martin et sa conjointe Kirsten se rendent vraiment disponibles pour leurs employés. Ils sont présents et à l’écoute 7 jours sur 7, et peuvent compter sur le Plan de reconnaissance de Pacini pour les appuyer dans leurs efforts.

« Il y a 10 ans, je disais à mon père que ça avait tellement changé au cours des 5 années précédentes qu’il ne reconnaîtrait plus l’industrie. Aujourd’hui, les choses changent en 6 mois. Il faut rénover plus souvent, réinventer le menu plus régulièrement, revoir plus fréquemment son équipement et ses pratiques, entre autres. » Tout va plus vite, et il y a beaucoup de travail, mais Martin se trouve encore chanceux d’évoluer dans un si bel environnement. Il prévoit s’accorder plus de temps libre au cours des prochains mois, avant de prendre un nouveau moment de recul en 2018.